Le cinéma français 2024 s'impose comme une année exceptionnelle, confirmant la vitalité d'une industrie culturelle qui ne cesse de se réinventer. Avec 181,27 millions d'entrées enregistrées dans les salles obscures françaises, soit une hausse de 0,5 % par rapport à 2023, la France devient le seul pays au monde où la fréquentation cinématographique a progressé cette année. Un signal fort dans un contexte international marqué par le recul des audiences.
Plus remarquable encore, le cinéma français atteint 44,4 % de parts de marché, son meilleur niveau depuis quinze ans. Ce chiffre traduit un engouement retrouvé du public pour les productions nationales françaises, portées par des films populaires comme des œuvres d'auteur ambitieuses. Des comédies familiales aux thrillers historiques, en passant par les expériences de festival, la diversité de la création hexagonale n'a jamais été aussi riche.
Cette dynamique ne doit rien au hasard. Elle résulte d'un écosystème unique au monde, soutenu par le CNC, irrigué par des écoles de formation d'excellence et porté par une nouvelle génération de cinéastes audacieux. Entre innovations technologiques, rayonnement international et mutations des modes de consommation, le cinéma français en 2024 dessine les contours d'une industrie résolument tournée vers l'avenir.
Ce guide complet vous propose un panorama exhaustif de cette année charnière : les films marquants, les talents émergents, les évolutions techniques et les grandes tendances qui redéfinissent le septième art à la française.
Les Films Français Incontournables de 2024
Le box-office tricolore : des succès populaires historiques
L'année 2024 restera gravée dans l'histoire du cinéma français grâce à des performances commerciales exceptionnelles. En tête de ce palmarès, « Un p'tit truc en plus » d'Artus pulvérise les compteurs avec 10,8 millions d'entrées, devenant le plus grand succès français de l'année. Cette comédie touchante, portée par l'humour et la bienveillance de son réalisateur-acteur, a su fédérer un public transgénérationnel.
Juste derrière, « Le Comte de Monte-Cristo » avec Pierre Niney dans le rôle d'Edmond Dantès cumule 9,3 millions d'entrées. Cette adaptation ambitieuse du chef-d'œuvre d'Alexandre Dumas prouve que le cinéma français sait rivaliser avec les superproductions internationales en matière de spectacle et de reconstitution historique.
Troisième phénomène de l'année, « L'amour ouf » de Gilles Lellouche attire 4,8 millions de spectateurs avec sa fresque romanesque et musicale qui traverse les décennies. Ces trois films illustrent la capacité du cinéma français 2024 à conjuguer ambition artistique et succès populaire.
| Rang | Film | Réalisateur | Genre | Entrées |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Un p'tit truc en plus | Artus | Comédie | 10,8M |
| 2 | Le Comte de Monte-Cristo | Delaporte & De La Patellière | Aventure historique | 9,3M |
| 3 | L'amour ouf | Gilles Lellouche | Romance/Drame | 4,8M |
| 4 | Emilia Pérez | Jacques Audiard | Musical/Thriller | 3,2M |
| 5 | The Substance | Coralie Fargeat | Horreur/Sci-fi | 2,1M |
| 6 | Diamant Brut | Agathe Riedinger | Drame | 1,5M |
| 7 | Le Fil | Daniel Auteuil | Drame judiciaire | 1,3M |
| 8 | En fanfare | Emmanuel Courcol | Comédie dramatique | 1,2M |
| 9 | Marcello Mio | Christophe Honoré | Comédie | 0,9M |
| 10 | L'Abbé Pierre | Frédéric Tellier | Biopic | 0,8M |
La moisson des festivals : Cannes et les Césars
Le Festival de Cannes 2024 a confirmé la place centrale de la France sur la scène cinématographique mondiale, avec pas moins de cinq films français en compétition officielle :
- « Emilia Pérez » de Jacques Audiard, œuvre audacieuse mêlant thriller et comédie musicale
- « Diamant Brut », premier long-métrage saisissant d'Agathe Riedinger
- « Marcello Mio » de Christophe Honoré, hommage vibrant à Mastroianni
- « L'amour Ouf » de Gilles Lellouche, saga sentimentale ambitieuse
- « The Substance » de Coralie Fargeat, body horror féministe radical
Aux Césars 2025, c'est « Emilia Pérez » de Jacques Audiard qui triomphe, couronnant une œuvre inclassable saluée par la critique internationale. Cette razzia récompense un cinéaste au sommet de son art, capable de se réinventer film après film.
La diversité des genres : une richesse inégalée
Au-delà des têtes d'affiche, le cinéma français 2024 se distingue par une extraordinaire diversité de genres. De la comédie populaire au film d'horreur corporel, du drame historique au cinéma musical, les réalisateurs français explorent tous les registres. L'été 2024 a été particulièrement prolifique avec des sorties marquantes dans tous les genres. Cette pluralité constitue l'une des forces majeures de la production hexagonale, capable de satisfaire tous les publics tout en prenant des risques artistiques que peu d'autres cinématographies osent.
Réalisateurs et Créateurs : Les Nouvelles Voix du Cinéma Français
Les maîtres confirmés au sommet de leur art
Jacques Audiard incarne en 2024 le renouveau permanent du cinéma d'auteur français. Avec « Emilia Pérez », il bouscule toutes les conventions en signant un film tourné en espagnol, mêlant narco-thriller et numéros musicaux. Ce geste artistique radical, récompensé à Cannes puis aux Césars, démontre qu'à plus de soixante-dix ans, Audiard reste l'un des cinéastes les plus audacieux de sa génération.
« Le cinéma est un art de la contrainte. C'est quand on est contraint qu'on invente. »
— Jacques Audiard, réalisateur d'Emilia Pérez
Gilles Lellouche confirme avec « L'amour ouf » sa transition réussie vers la réalisation de films ambitieux. Après « Le Grand Bain », il prouve sa capacité à orchestrer des fresques émotionnelles à grande échelle, dirigeant un casting imposant avec une maîtrise narrative qui lui vaut la reconnaissance de la profession.
Coralie Fargeat fait quant à elle une entrée fracassante dans la cour des grands avec « The Substance ». Son body horror féministe, porté par Demi Moore, impose un regard féminin puissant dans un genre traditionnellement dominé par les hommes. Le film marque un tournant pour le cinéma de genre français, désormais capable d'exporter ses visions les plus radicales.
La relève : une génération de cinéastes audacieux
Derrière ces figures établies, une nouvelle vague de réalisateurs émerge avec force. Agathe Riedinger, sélectionnée à Cannes dès son premier film avec « Diamant Brut », incarne cette génération qui n'attend pas la permission pour bousculer les codes. Son regard acéré sur la société contemporaine annonce une filmographie prometteuse.
Artus, révélation de l'année côté réalisation avec « Un p'tit truc en plus », prouve que le passage de la scène au grand écran peut produire des résultats spectaculaires quand l'authenticité et la sincérité guident le projet. Son approche inclusive du cinéma ouvre des perspectives nouvelles pour la représentation à l'écran.
Du scénario à l'écran : l'excellence du processus créatif français
La force du cinéma français réside aussi dans la qualité de son écriture. Le système d'aide au développement du CNC, unique au monde, permet aux scénaristes de travailler leurs projets en profondeur avant le tournage. Cette culture du scénario abouti, héritée de la tradition littéraire française, explique en partie la densité narrative qui caractérise les meilleures productions hexagonales de 2024. Pour ceux qui souhaitent se lancer, il est essentiel de maîtriser les étapes clés de l'écriture d'un scénario avant de se lancer dans la réalisation.
L'Évolution Technologique du Cinéma Français
De l'argentique à la 4K/8K : une révolution de l'image
Le cinéma français vit une transformation technologique sans précédent. Si l'argentique conserve ses adeptes parmi les puristes, la majorité des productions de 2024 exploitent désormais les capteurs 4K et 8K. Ces résolutions permettent une finesse de détail et une latitude de post-production qui repoussent les limites de l'expression visuelle.
Les directeurs de la photographie français, reconnus mondialement pour leur expertise, s'approprient ces nouveaux outils pour créer des esthétiques inédites. Pour comprendre en détail cette mutation, notre article sur l'évolution technologique du cinéma français de l'argentique à la 4K retrace cette fascinante trajectoire. La haute résolution ne se résume pas à une question technique : elle modifie en profondeur l'approche du cadrage, de l'éclairage et du rendu des textures.
Réalité virtuelle et réalité augmentée : les nouvelles frontières narratives
La réalité virtuelle s'impose progressivement comme un medium narratif à part entière. Avec des casques offrant désormais une résolution supérieure à 4K par œil, l'immersion atteint un niveau de réalisme saisissant. Plusieurs studios français pionniers développent des expériences VR qui brouillent les frontières entre cinéma, jeu vidéo et spectacle vivant.
La réalité augmentée ouvre quant à elle des possibilités inédites pour le marketing des films et l'expérience en salle. Certains exploitants expérimentent des dispositifs AR en complément des projections traditionnelles, enrichissant le parcours spectateur d'une dimension interactive.
L'intelligence artificielle en post-production
L'année 2024 marque un tournant décisif dans l'intégration de l'intelligence artificielle au sein de la chaîne de fabrication cinématographique. Le CNC crée en mars 2024 un Observatoire de l'IA, chargé de suivre l'impact de ces technologies sur les métiers du cinéma et de proposer un cadre éthique adapté.
« L'intelligence artificielle ne remplacera pas les créateurs, mais les créateurs qui utilisent l'IA remplaceront ceux qui ne l'utilisent pas. »
— Dominique Boutonnat, Président du CNC
Concrètement, l'IA intervient déjà dans plusieurs domaines de la post-production :
- Effets visuels : génération et retouche d'environnements numériques accélérées
- Étalonnage : proposition automatique de palettes colorimétriques cohérentes
- Son : nettoyage audio, séparation de pistes et doublage assisté
- Montage : pré-sélection de rushes et suggestions de coupes
- Sous-titrage : traduction et synchronisation automatisées
Les murs LED : une révolution sur les plateaux
Les murs LED, technologie popularisée par les productions hollywoodiennes, gagnent du terrain sur les plateaux français. Ces écrans géants remplacent les traditionnels fonds verts en projetant des décors photoréalistes en temps réel derrière les acteurs. L'avantage est double : les comédiens jouent dans un environnement visuel cohérent, et les reflets lumineux sur les costumes et les visages gagnent en naturel. Plusieurs studios français ont investi dans ces dispositifs en 2024, amorçant une transformation profonde des techniques de réalisation cinématographique.
Se Former aux Métiers du Cinéma en France
Les grandes écoles : l'excellence à la française
La France dispose d'un réseau d'écoles de cinéma parmi les plus prestigieuses au monde. La Fémis (École nationale supérieure des métiers de l'image et du son) reste la référence absolue, avec ses sept départements — réalisation, scénario, production, image, son, décor et montage — formant des professionnels de niveau Bac+5. Ses anciens élèves comptent parmi les cinéastes les plus primés de leur génération.
L'École nationale supérieure Louis-Lumière, autre pilier de la formation publique, propose trois sections — cinéma, photographie et son — délivrant également un diplôme de niveau Bac+5. Sa réputation repose sur l'excellence technique de sa formation et la qualité de ses équipements.
| École | Ville | Spécialité | Admission | Niveau sortie |
|---|---|---|---|---|
| La Fémis | Paris | 7 départements (réa, scénario, prod...) | Concours Bac+2 | Bac+5 |
| Louis-Lumière | Paris | Cinéma, son, photo | Concours Bac+2 | Bac+5 |
| ESRA | Paris/Nice/Rennes | Réalisation, production | Bac | Bac+3 |
| Gobelins | Paris | Animation, VFX | Concours | Bac+3 à Bac+5 |
| CinéFabrique | Lyon | Réalisation, diversité | Dossier + entretien | Bac+3 |
Ces deux institutions publiques, accessibles sur concours très sélectif, incarnent le modèle français de formation aux métiers du cinéma : exigeant, pluridisciplinaire et ancré dans la pratique professionnelle.
Les écoles régionales et formations spécialisées
Au-delà de Paris, le maillage des formations cinématographiques s'étend sur l'ensemble du territoire. Des écoles régionales reconnues à Lyon, Toulouse, Rennes ou Montpellier proposent des cursus de qualité, contribuant à la décentralisation d'une industrie longtemps concentrée en Île-de-France.
Les formations spécialisées se multiplient pour répondre aux besoins de métiers en pleine mutation :
- Superviseur d'effets visuels : gestion des pipelines VFX et coordination des équipes
- Data manager plateau : sécurisation et gestion des flux de données numériques
- Technicien de prise de vues virtuelle : maîtrise des murs LED et de la production virtuelle
- Spécialiste IA pour le cinéma : intégration des outils d'intelligence artificielle
- Concepteur d'expériences immersives : création pour la VR et l'AR
Métiers traditionnels et nouvelles opportunités
Le cinéma français continue de s'appuyer sur des métiers traditionnels essentiels — scripte, régisseur, accessoiriste, chef machiniste — tout en faisant émerger de nouvelles fonctions liées au numérique. Notre guide complet des métiers du cinéma détaille l'ensemble de ces carrières. La coexistence de ces savoir-faire artisanaux et de compétences technologiques de pointe constitue l'une des richesses du secteur, offrant des parcours professionnels variés aux passionnés de septième art.
Salles, Studios et Lieux de Tournage
Les studios historiques : un patrimoine vivant
La France possède un parc de studios cinématographiques qui allie héritage historique et infrastructures modernes. Les studios de Bry-sur-Marne, ceux de la Cité du Cinéma à Saint-Denis portée par Luc Besson, ou encore les plateaux de la SFP à Boulogne-Billancourt constituent l'épine dorsale de la production hexagonale. En 2024, plusieurs projets d'extension et de modernisation ont été lancés pour répondre à la demande croissante de tournages nationaux et internationaux.
Le territoire français offre par ailleurs une diversité exceptionnelle de décors naturels, des littoraux bretons aux sommets alpins, des bastides médiévales du Sud-Ouest aux rues haussmanniennes parisiennes. Cette variété géographique, combinée au crédit d'impôt cinéma, attire un nombre croissant de productions étrangères.
L'expérience en salle : entre tradition et innovation
Les salles de cinéma françaises, avec leur réseau de plus de 2 000 établissements, demeurent le cœur battant du cinéma français 2024. Les exploitants investissent massivement dans la modernisation de leurs équipements : son immersif Dolby Atmos, projection laser, fauteuils premium. L'objectif est clair : offrir une expérience que le salon ne peut pas reproduire, justifiant le déplacement des spectateurs.
Le réseau des salles Art et Essai, spécificité française comptant plus de 1 200 écrans labellisés, joue un rôle crucial dans la diversité de l'offre cinématographique. Ces salles assurent la visibilité de films d'auteur et de productions indépendantes qui peineraient à trouver leur public dans un circuit exclusivement commercial.
Le home cinéma : une tendance de fond
Parallèlement à la fréquentation en salle, le marché du home cinéma poursuit sa croissance en 2024. Les vidéoprojecteurs 4K laser accessibles, les barres de son immersives et les écrans OLED grand format permettent aux cinéphiles de recréer chez eux des conditions de visionnage proches de la salle. Cette tendance, loin de cannibaliser la fréquentation, semble au contraire nourrir l'appétit du public pour le cinéma sous toutes ses formes.
Cinéma Français et Rayonnement International
Les acteurs français à la conquête d'Hollywood
Le cinéma français continue d'exporter ses talents vers les plus grandes productions internationales. Des comédiens comme Omar Sy, Léa Seydoux, Marion Cotillard ou Vincent Cassel naviguent avec aisance entre les deux rives de l'Atlantique, apportant une sensibilité européenne aux blockbusters hollywoodiens tout en restant fidèles aux productions hexagonales.
Cette porosité entre les industries profite à l'ensemble du secteur : les acteurs acquièrent une visibilité mondiale qui rejaillit sur le cinéma français, tandis que leur expérience des plateaux internationaux enrichit les productions nationales de standards techniques élevés. On observe aussi une nouvelle génération d'acteurs noirs américains qui collaborent de plus en plus avec des réalisateurs français.
Les acteurs francophones : la Belgique en première ligne
La francophonie constitue un vivier de talents indissociable du paysage cinématographique français. Les acteurs belges francophones — de Benoît Poelvoorde à François Damiens, de Virginie Efira à Matthias Schoenaerts — contribuent de manière décisive à la richesse du cinéma français 2024. Les coproductions franco-belges, facilitées par la proximité linguistique et culturelle, produisent régulièrement des œuvres remarquées dans les festivals internationaux.
Les coproductions en hausse : un modèle économique gagnant
L'année 2024 confirme la montée en puissance des coproductions internationales, avec 130 coproductions réalisées, soit dix de plus qu'en 2023. Les investissements dans la production cinématographique française atteignent 1,44 milliard d'euros, en hausse de 7,5 %. Le rachat de la Fox par Disney a d'ailleurs redistribué les cartes de la coproduction internationale. Ces chiffres traduisent l'attractivité croissante de la France comme partenaire de coproduction et la solidité de son modèle de financement.
Les accords bilatéraux de coproduction, signés avec plus de cinquante pays, permettent de mutualiser les coûts, d'accéder à des marchés diversifiés et de réunir des équipes artistiques internationales. Le phénomène des cross-overs entre cinéma et séries amplifie encore cette dynamique.
Streaming et Nouvelles Formes de Consommation
La bataille des plateformes : un paysage en recomposition
Le marché du streaming en France connaît en 2024 une phase de maturation intense. Netflix, Amazon Prime Video, Disney+ et Canal+ se livrent une concurrence féroce, tandis que des acteurs plus récents comme Paramount+ cherchent leur place. Cette compétition profite au cinéma français, les plateformes investissant massivement dans les productions originales hexagonales pour se différencier.
L'obligation légale d'investir un pourcentage de leur chiffre d'affaires français dans la création européenne et française a transformé les plateformes en partenaires incontournables du financement du cinéma. Séries et films exclusifs se multiplient, offrant aux créateurs de nouveaux débouchés et aux spectateurs un accès élargi à la production française.
| Plateforme | Prix/mois | Catalogue FR | Exclusivités FR | Points forts |
|---|---|---|---|---|
| Netflix | 5,99-19,99€ | ★★★☆ | Films, séries | Algorithme puissant |
| Canal+ | 23,99-39,99€ | ★★★★★ | Cinéma exclusif | Chronologie des médias |
| Disney+ | 5,99-13,99€ | ★★☆☆ | Quelques-unes | Familles, Marvel/Star Wars |
| Prime Video | 6,99€ | ★★★☆ | Séries originales | Inclus dans Amazon Prime |
| Mubi | 13,99€ | ★★★★ | Cinéma d'auteur | Sélection curatée |
| LaCinetek | 6,99€ | ★★★★★ | Classiques | Choix de cinéastes |
Films cultes et catalogues : le streaming comme conservatoire
Au-delà des productions originales, les plateformes jouent un rôle croissant dans la préservation et la diffusion du patrimoine cinématographique français. Des classiques de la Nouvelle Vague aux comédies populaires des années 1980, les catalogues de streaming permettent aux nouvelles générations de découvrir un héritage filmique considérable. On y retrouve des chefs-d'œuvre intemporels comme Forrest Gump ou des films incontournables sur le thème de la musique.
Des plateformes spécialisées comme Mubi, UniversCiné ou LaCinetek proposent des sélections curatoriales exigeantes, offrant une alternative aux algorithmes des géants du secteur. Cette offre diversifiée contribue à maintenir vivante la cinéphilie française dans un environnement numérique saturé de contenus.
Streaming légal contre piratage : un combat permanent
La multiplication de l'offre légale n'a pas éradiqué le piratage, qui reste un défi majeur pour l'industrie du cinéma français en 2024. Des plateformes comme Droskop posent la question de la légalité du streaming gratuit. L'ARCOM (ex-Hadopi) poursuit ses actions de lutte contre les sites illégaux, tandis que les professionnels plaident pour un renforcement de la chronologie des médias. La réduction du délai entre sortie en salle et disponibilité en streaming constitue un levier essentiel pour décourager le piratage.
Thématiques et Tendances du Cinéma Français 2024
Le cinéma musical : un genre en plein renouveau
L'année 2024 marque le retour spectaculaire du cinéma musical français. « Emilia Pérez » de Jacques Audiard et « L'amour ouf » de Gilles Lellouche intègrent tous deux des séquences musicales ambitieuses dans des genres inattendus — le thriller pour le premier, la romance criminelle pour le second. Cette hybridation des genres témoigne d'une volonté de réenchanter le récit cinématographique par la musique et la chorégraphie.
Le succès public et critique de ces films ouvre la voie à de nouveaux projets musicaux, un genre longtemps considéré comme une spécialité exclusivement anglo-saxonne. Le cinéma français prouve en 2024 qu'il peut s'emparer de cette forme avec une identité propre.
Engagement politique et social : un cinéma qui prend position
Fidèle à sa tradition, le cinéma français continue en 2024 de porter un regard engagé sur la société. La nouvelle génération d'engagement politique des acteurs irrigue de nombreuses productions, du documentaire militant à la fiction engagée. Les cinéastes français utilisent le medium comme un espace de débat et de réflexion critique, abordant des sujets comme les inégalités territoriales, la précarité, les violences institutionnelles ou la crise écologique.
Cette dimension politique, loin de rebuter le public, nourrit un cinéma ancré dans le réel qui trouve son audience tant dans les festivals que dans les salles de quartier.
Diversité et représentation : des avancées concrètes
Le cinéma français 2024 poursuit son évolution vers une meilleure représentation de la diversité de la société française. Les castings se diversifient, les récits s'élargissent, et des cinéastes issus de parcours variés accèdent à la réalisation. Le succès d'« Un p'tit truc en plus », qui place le handicap au cœur d'une comédie populaire avec justesse et humanité, illustre cette évolution vers un cinéma plus inclusif.
Les initiatives se multiplient au sein de la profession :
- Collectifs pour la parité femmes-hommes derrière la caméra
- Programmes de mentorat pour les cinéastes issus de la diversité
- Études régulières du CNC sur la représentation à l'écran
- Fonds dédiés aux premiers films portant des regards minoritaires
Ressources et Culture Cinéphile
Les festivals incontournables
La France accueille chaque année plus de 300 festivals de cinéma, un maillage culturel unique au monde. Au-delà de Cannes, phare international du septième art, plusieurs rendez-vous structurent la vie cinéphile française tout au long de l'année :
- Festival de Cannes : la compétition la plus prestigieuse au monde, vitrine du cinéma français et international
- Festival Lumière de Lyon : célébration du patrimoine cinématographique et remise du Prix Lumière
- Festival du film francophone d'Angoulême : vitrine de la création francophone dans toute sa diversité
- Festival de Deauville : passerelle entre cinéma américain et européen
- Annecy : référence mondiale du film d'animation, secteur où la France excelle
- Clermont-Ferrand : plus grand festival de court-métrage au monde, tremplin pour les jeunes cinéastes
Ces festivals jouent un rôle essentiel dans la découverte de nouveaux talents, la circulation des films et la formation du goût du public. Ils constituent des espaces de rencontre irremplaçables entre professionnels, critiques et spectateurs.
Pour aller plus loin : approfondissement et veille
La culture cinéphile française s'entretient au quotidien grâce à un écosystème médiatique riche. Les revues spécialisées comme les Cahiers du Cinéma ou Positif continuent de nourrir la réflexion critique, tandis que de nombreux podcasts et chaînes vidéo proposent des analyses accessibles au plus grand nombre. Les cinémathèques, à commencer par la Cinémathèque française à Paris, organisent rétrospectives et expositions qui permettent de replacer la création contemporaine dans une perspective historique.
« Le cinéma français a toujours su se réinventer. Ce qui le rend unique, c'est cette capacité à conjuguer exigence artistique et succès populaire. »
— Unifrance, rapport annuel 2024
Le cinéma français en 2024 démontre une vitalité exceptionnelle, portée par des chiffres de fréquentation remarquables, une créativité débordante et un modèle économique qui continue de faire ses preuves. Avec 181 millions d'entrées, 44,4 % de parts de marché et une présence massive dans les festivals internationaux, l'industrie cinématographique hexagonale confirme sa place parmi les toutes premières au monde.
Les défis pour 2025 et au-delà restent néanmoins considérables. L'intégration raisonnée de l'intelligence artificielle, l'adaptation aux nouvelles formes de consommation, le renouvellement des publics et la transition écologique des tournages constitueront les chantiers majeurs des prochaines années. La capacité du secteur à embrasser ces mutations tout en préservant ce qui fait son identité — l'audace artistique, la diversité des récits, l'ancrage dans le réel — déterminera la trajectoire du cinéma français dans la décennie à venir.
Que vous soyez spectateur passionné, professionnel en activité ou futur talent en formation, le cinéma français n'a jamais offert autant de raisons de s'enthousiasmer. Poussez la porte d'une salle, explorez les catalogues des plateformes, découvrez les pépites des festivals : l'année 2024 prouve que le septième art à la française est bien vivant, et qu'il a encore beaucoup à nous raconter.





