« Les passionnés soulèvent le monde, et les sceptiques le laissent retomber. » Albert Guinon

La Rencontre entre Philippe Landoulsi et les élèves de l’Actors Factory

À la faveur d’un cours ouvert un vendredi soir de décembre, Philippe Landoulsi est venu ‘incognito’ nous observer faire nos gammes. Ni une ni deux, au mois de Mars, celui-ci a bien voulu revenir pour nous rencontrer et se prêter au jeu des questions-réponses.

Découvrant que nous étions face à un réalisateur dont l’expérience s’étendait outre-atlantique, et surtout qui avait concouru à la création de la classe face Camera des cours Florent en 1985, notre curiosité s’en est trouvée affûtée. Vous-même pourrez constater son expérience en cliquant ici pour retrouver sa bio.

Ce fût donc d’un pas décidé que Philippe Landoulsi se dirigea vers le fauteuil. Celui-là même habituellement réservé au seul usage de Tiffany et qui fut, pour l’occasion, prêté à notre special guest. Autant vous dire que nous étions tous honorés de sa présence.

Chacun s’était d’ailleurs au préalable, confortablement installé dans la salle afin d’être aussi disponible et connecté à Philippe que nous aurions pu l’être avec Tiffany lors d’un cours.

À peine assis, Philippe promena son regard sur l’assistance, pris une bonne inspiration et lança non sans un certain bagout : « Alors qu’est-ce que vous voulez savoir ? »

Le décor était planté, la glace brisée, et la première question ne tarda pas à fuser.

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« Qu’est-ce qui vous a intéressé dans ce que nous faisons ici à l’Actors Factory ? Qu’est-ce qui vous a fait revenir nous rencontrer ? »

Philippe partagea aussitôt avec nous sa vision de l’acteur : enlever le masque, retrouver sa vulnérabilité, utiliser sa personne entière comme d’un instrument, un « violon » et faire ses gammes pour mieux l’accorder. Tout ce qu’il a pu observer lors du cours ouvert.

De notre assise, nous comprenions, ô révélation, que nous étions face à un réalisateur ayant apprivoisé le langage de l’acteur organique; ceci nous promettant un échange d’autant plus fluide.

Il nous avoua ensuite, nonchalamment, et avec la franchise caractérisant nettement l’homme, qu’il nous avait trouvé ridicule dans l’expulsion de certains de nos états. Même si, ajouta-t-il, le propre de l’acteur est qu’il n’ait pas peur du ridicule.

La réponse dans l’assistance fut aussitôt pédagogique : le travail de gammes, et notamment la déroute des expulsions, permet à l’acteur de partir du ‘grand’ pour qu’à force de pratique, il arrive à les réduire jusqu’à contenir ses états et les faire apparaitre sur son visage par le biais de micro-expressions.

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Philippe acquiesça. Il enchaîna sur sa propre expérience de comédien. Il ne se présenta aucunement en tant que tel mais a eu le plaisir d’endosser des petits rôles dans des films que faisaient les copains. Il différencie ainsi le stress, du trac. Il jouissait en effet de cette liberté de celui qui n’a rien à prouver excluant toute notion de stress ou de pression quant au retour sur sa prestation. « Tu dois te permettre d’être ridicule et sans jugement, oubliez l’ego ! ». Ce qui, selon lui, lui autorisait d’être net et direct dans son jeu, pour lequel une seule prise suffisait à le mettre dans la boite. C’est à partir de ce moment-là qu’on le surnomma Monsieur One Shot.

Sur la direction d’acteur, il affirme que l’on «ne dirige pas un acteur». On l’amène là où on veut qu’il aille, sans qu’il s’en aperçoive. Il fit le parallèle avec les formations d’acteurs.

Comment former/enseigner à être ? Ce sont des indications, des pistes, mais jamais des directions fermes. L’art du coach et non de l’enseignant.

À ce moment précis, avec nous, vous auriez pu voir Philippe et Tiffany acquiescer de concert.

Philippe insista également sur la nécessité de l’acteur de continuer à s’entraîner. Tiffany l’approuva aussitôt en lui expliquant que tous les élèves, y compris les ‘anciens’ faisant partie du studio, reviennent faire leur gamme à l’occasion des cours ouverts, deux fois par mois.

Si Philippe nous interpella ensuite pour comprendre ce qui nous pousse à exercer le métier d’acteur, c’est qu’aussi pour lui, le Cinéma est affaire de passionnés.

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L’échange, vous l’aurez compris, se fit donc en toute simplicité. Philippe rebondissant sur ses expériences, en France, outre-atlantique, en Russie, et  nous relatant le professionnalisme de chaque culture dans l’exercice de nos métiers.

Et ce fût bien après trois heures de discussion à bâtons rompus, la gorge sèche de Philippe, malgré la bouteille d’eau épuisée, nos vessies pleines et nos membres engourdis, que nous décidâmes de ne pas nous dire adieu mais au revoir.

Enfin, si nous devions retenir une citation sur sa venue, cela serait certainement celle que nous, élèves à la Facto avons eu cœur à entendre… La Chance, c’est lorsque l’opportunité rencontre la préparation…